Parmi les choses qu’il a promises : une réforme électorale, un cabinet ministériel paritaire et le maintien de la livraison du courrier à domicile… et peut-être, aussi, de venir embrasser personnellement tous les bébés du Canada pendant la campagne. On ne sait pas, le document était trop long, et on n’a pas tout lu.
Tout ça contraste joyeusement avec les engagements des conservateurs, qui sont plutôt du type «chicaner les pas gentils» ou «les taxes, c’est pas bon». On apprécie.
Pour présenter ce programme qu’ils veulent inspirant, les stratèges du Parti libéral du Canada (PLC) n’avaient pas le choix de trouver une formule tout aussi inspirante — une formule qui fait une coupure avec le passé, un slogan qui frapperait l’imaginaire avec sa nouveauté.
Comme ils ne l’ont pas trouvé, ils y sont plutôt allés avec le slogan «Du vrai changement».
Ce n’est qu’un slogan, je sais, mais il m’a enlevé toute envie de m’intéresser au contenu derrière. Le changement vient d’arriver, dans son emballage de déjà-vu et de cliché. Youpidlidou.
«Les temps, ils sont a-changeants», chantait Bob Dylan, avant que Richard Séguin ne lui propose une meilleure traduction. Sauf qu’en politique, plus ça change, plus c’est pareil : plus ça change, plus on nous promet du changement.
De Jean Lesage («C’est le temps que ça change») à François Legault («C’est assez, faut que ça change») en passant par Mario Dumont («Pour un vrai changement»), Barack Obama («Change We Can Believe In») et la madame à la caisse de l’épicerie («Pourrais-tu me faire du change pour un cinq ?»), tout le monde parle de changement.
Mélanie Joly aussi promettait du «vrai changement pour Montréal», avant d’opter pour du «vrai changement pour Mélanie» en devenant plutôt aspirante candidate-vedette au PLC. Il serait facile de prétendre que c’est elle qui a inspiré le nouveau slogan du parti, mais il n’y a rien de moins inspiré que ce slogan.
Du vrai changement. Pas que du changement générique et factice : du VRAI changement. C’est important, le vrai changement, parce que c’est avec ça qu’on va pouvoir s’occuper des vraies affaires, qui touchent le vrai monde.
Le changement du NPD ? Ce n’est pas le vrai. C’est une marque générique de changement. C’est le Compliments du changement, le Choix du Président, alors qu’il n’y a même pas de président au Canada.
Photo extraite de la page Facebook de Thomas Mulcair
Mais moi, je rêve d’un vrai changement.
Je rêve d’un parti politique qui sait que le changement réel n’a pas besoin d’une campagne de marketing pour annoncer qui il est. Le changement arrive, il est différent, il a de nouvelles idées, il fait… changement. Et ça, c’est bien plus puissant qu’un slogan.
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