jeudi 18 juin 2015

Construire un chalet en utilisant Google


Crédit photo : Jean-Daniel Petit
Regardez bien le chalet ci-dessus. Il n’a pas été bâti par un entrepreneur, mais par Google. Ou, du moins, par Jean-Daniel et Chanelle, deux Québécois dans la vingtaine qui ont tout appris de la construction en utilisant Google.
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Il y a cinq ans, le couple qui vit et travaille à Montréal rêvait d’avoir un chalet pour fuir la ville les fins de semaine. Leurs critères étaient stricts : l’oasis de paix devait être située à une heure et demie de route au maximum, en bordure d’un lac, et assez grande pour ne pas voir les voisins.
Avec un budget limité, le duo montréalais ne pouvait se permettre d’acheter une propriété existante. La solution : prendre un marteau et retrousser ses manches. Jean-Daniel avait déjà construit des cabanes lorsqu’il était gamin ; pourquoi pas un chalet, maintenant qu’il était grand ?
«On était juste assez fous pour se lancer dans l’aventure, et juste assez stupides pour ne pas voir les risques», raconte Jean-Daniel en riant.
Pendant des mois, ils ont visité des terrains annoncés ici et là, en vain. Trouver un emplacement à la fois accessible, peu aménagé et abordable semblait relever du miracle.
L’impossible est survenu grâce à Google Maps. Jean-Daniel y a repéré un petit lac prometteur, près de Mandeville, dans Lanaudière. Un tour sur place a confirmé ce que les pixels bleus et verts laissaient présager — le couple a acquis un terrain de plus d’un acre.
Ils ont conçu leurs plans avec Google SketchUp, lesquels ont été validés par un architecte, puis dessinés selon les normes par un technicien. Jean-Daniel et Chanelle sont peut-être un peu cinglés, mais pas au point de courir le risque que le toit leur tombe sur la tête.
Google Drive leur a permis d’établir le budget, ainsi que le calendrier de construction. Gmail a servi à l’envoi et au suivi des soumissions pour les matériaux.
Lorsque tout était fin prêt, un entrepreneur est venu creuser et couler la fondation, une des rares choses qu’ils n’ont pas faites eux-mêmes. «Si ton trait-carré est croche, ça commence mal…», explique Jean-Daniel.
Puis, la routine s’est installée. Pour chaque étape, le couple regardait des dizaines de tutoriels sur YouTube. «Après quatre ou cinq, tu finis par voir un pattern et tu te bases sur ça», dit Jean-Daniel.
À ses yeux, c’était plus fiable que d’embaucher le Joe Pickup du coin. «Un entrepreneur veut faire la job le plus vite possible, au plus petit coût possible. En ligne, j’avais accès aux meilleurs spécialistes, et je mettais tout le temps nécessaire pour que ce soit parfait.»
Avec l’aide de leurs proches — tout aussi inexpérimentés — qu’eux, ils ont installé l’isolation…
Isolation
Photo et montage : Jean-Daniel Petit
… le bardeau de cèdre…

Bardeau
Photo et montage : Jean-Daniel Petit
… les murs de bois…

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Photo et montage : Jean-Daniel Petit
… vous comprenez le principe.
Le plaisir était au rendez-vous, mais «ce n’était pas toujours un conte de fées». Certaines choses se sont remarquablement bien déroulées, dont la fabrication du comptoir de cuisine en béton.
D’autres ont tourné au cauchemar, dont la finalisation de la plomberie, qui a nécessité de défaire un mur déjà fermé. «Les planches de bois formaient un motif. On a dû les numéroter une à une en les enlevant, pour être certains de pouvoir les remettre dans le bon ordre. Cette journée-là, on avait prévu terminer la salle de bains. Deux jours plus tard, on était de retour à la case départ.»
N’empêche, la matière rentrait rapidement et la courbe d’apprentissage était exponentielle. L’installation de la première porte a nécessité huit heures. La deuxième, une heure.
Au total, 3 000 heures de travail, réparties sur deux ans, ont été nécessaires avant d’enfoncer le dernier clou. «Ça, c’est sans compter le temps qu’ont mis nos amis et nos familles.»
Le résultat en aura valu la chandelle. Vous pouvez le constater vous-même sur Airbnb, où le couple loue la résidence. «Les gens qui voient le chalet pensent que ça nous a coûté une fortune. Mais c’était moins cher que d’acheter un condo trois et demi à Montréal !»
Et Jean-Daniel est catégorique : sans Google, rien de tout cela n’aurait été possible.

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